Lettre d’info de la Bib – vendredi 5 juillet 2019

Posté le : 5 juillet 2019

Au sommaire

Actu bib : Vos bibliothèques pendant l’été
Focus : Statistiques de consultation du site de la bibliothèque
Docs en stock : Nouvelle revue dans Sign@l : International Review of Public Policy
Carte blanche : Stéphane Corcuff (enseignant)

Actu bib

Vos bibliothèques pendant l’été
La fermeture estivale de la bibliothèque se déroulera du vendredi 26 juillet (16h) au lundi 26 août (9h).
D’ici-là, la bibliothèque est ouverte aux horaires suivants :
Jusqu’au 21 juillet :
– du lundi au jeudi de 8h30 à 18h
– le vendredi de 8h30 à 17h30
Du 22 au 26 juillet :
– les lundi, mardi, jeudi et vendredi de 10h à 16h
– le mercredi 24 juillet de 12h à 16h.

Dans l’environnement lyonnais, les BU seront fermées, pour le moins du 26 juillet au 19 août.
En revanche, la bibliothèque municipale (Part-Dieu) restera ouverte tout l’été (sauf le jeudi 15 août).
Sa programmation (lectures, projections, rencontres…) est à consulter en ligne !
Les bibliothèques d’arrondissement seront quant à elles fermées la semaine du 12 au 17 août.

Focus

Statistiques de consultation du site de la bibliothèque
Cela fait désormais une année universitaire que le site Web de la bibliothèque a été refondu entièrement.
Retrouvez quelques statistiques de consultation pour la période s’étalant du 1er septembre 2018 au 31 juin 2019 :
Le site a reçu 36 518 visites en provenance de France (87%), des Etats-Unis, du Royaume-Uni, du Canada, du Maroc, de Belgique et d’Algérie… 102 175 pages du site ont été vues et 15% des visiteurs viennent à partir d’un téléphone ou d’une tablette.
La page la plus visitée en dehors de la page d’accueil est la page « Rechercher : les ressources en ligne».
54% des visiteurs ont consulté le site plus d’une fois.

Docs en stock

Nouvelle revue dans Sign@l : International Review of Public Policy
Le sommaire du premier numéro de la toute nouvelle revue « International Review of Public Policy » a été ajouté dans Sign@l.
Les articles de cette nouvelle publication sont à consulter en ligne en libre accès sur le portail OpenEdition Journals.

Carte blanche

par Stéphane Corcuff
Franck Michelin, professeur à l’université Teiko de Tokyo, et membre correspondant de l’Académie des sciences d’Outre-Mer, a été professeur invité à Sciences Po Lyon ce printemps. Le DEMEOC (Diplôme d’Etablissement sur le Monde Extrême Oriental), que j’ai le plaisir de diriger, l’a accueilli pour un Cours d’Ouverture sur l’histoire des relations internationales en Asie de la fin du XIXe siècle à nos jours, et il nous a enchanté avec une maîtrise impressionnante des questions transversales et transnationales propres à ce sujet. Il vient tout juste de publier chez Passés Composés, une maison d’édition publiant pour le compte du Ministère des Armées, une version remaniée de sa thèse d’histoire contemporaine.
En bon historien, il a consulté des archives dans toutes les langues qui lui sont disponibles (il parle et lit couramment le Japonais), maîtrise à merveille les discours historiographiques français, japonais et anglo-saxons sur la seconde guerre mondiale et le lancement de la guerre du Pacifique, pour trouver la faille et l’élément qu’on n’avait pas bien saisi à ce jour dans notre vision des choses.
Son ouvrage étudie comment un détour par l’Indochine française, et particulièrement les années 1940 et 1941, éclaire de manière spectaculaire le lancement de la stratégie japonaise d’invasion de l’Asie du Sud-est, le lancement de la guerre du Pacifique, l’invention de la « sphère de co-prospérité ».

Dans un ouvrage savant, très documenté, mais lisible et accessible à tous (notamment grâce à des chapitres courts et percutants), il montre comment le Japon a utilisé l’Indochine française comme point de départ de sa stratégie dans le sud-est asiatique, en révélant comment la savante stratégie de mise sous tutelle (d’une Indochine française restée nominalement sous le contrôle des administrateurs français au lieu d’être envahie, ce que le Japon aurait pu envisager) a été le prélude à l’invasion de colonies voisines beaucoup plus intéressantes pour le Japon que l’ex-Indochine, tout juste bonne pour Tokyo à permettre de contrôler le flanc sud de la Chine de Chiang Kai-shek, et d’approvisionner le Japon en riz : les colonies britanniques et hollandaises, présentant d’autres avantages de taille, et notamment l’approvisionnement en pétrole, la denrée stratégique de la guerre du Pacifique.
J’ai lu cet ouvrage d’un trait, dans un avion pour Seattle. C’était un bon choix : même si la profusion des noms, des références, des changements de politique et des acteurs donne parfois le tournis, il se lit presque comme un roman, dont la qualité de la recherche d’archives est évidente et remarquable.
J’ai appris énormément de la part de cet éminent spécialiste des procès de Tokyo – archives qu’il lit dans le texte – et notamment sur la figure de l’Empereur, restée toujours dans un certain inconnu pour moi, toujours inquiet, en lisant sur ce sujet, du possible manque de neutralité sur une question aussi sensible : dans l’ouvrage de Franck Michelin, l’Empereur apparaît non point effacé derrière une historiographie qui le dédouane et le protège, ni dans un discours accusateur sans nuance, mais bien vivant, présent, actif dans ses soutiens ou son opposition à telle ou telle politique, tantôt déterminé et clairvoyant, tantôt hésitant et mettant en garde. On voit sa réflexion en cours, les valeurs fondamentales qui l’animent, sa méthode de travail, son engagement et ses précautions prises… et son nationalisme déterminé, en fin de compte.

Un très beau livre. Merci Franck Michelin.

Franck Michelin, La guerre du Pacifique a commencé en Indochine, 1940-1941, Paris, France, Passés composés : Humensis : Ministère des armées, 2019, 317 p.

Les horaires