Le paysage sémantique de la malinformation regorge de néologismes, anglicismes et autres termes aux contours flous et aux usages galvaudés.
Afin d’y voir plus clair, nous avons sélectionné une liste de mots qu’il nous a semblé utile de connaître pour appréhender et affronter le désordre informationnel dans toute sa complexité. Pour chaque mot retenu, nous vous proposons un petit éclairage agrémenté des sources qui l’ont inspiré.
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Utilisé à des fins publicitaires ou politiques l’astroturfing est un procédé de propagande qui consiste à simuler ou exacerber un mouvement d’opinion en inondant les réseaux sociaux de faux avis, commentaires ou témoignages. Il peut s’agir de créer manuellement, à l’aide de digital workers ou informatiquement, grâce à des robots, des avis négatifs visant à déstabiliser un concurrent ou bien encore de faire croire à un engouement massif pour un produit, un candidat ou un sujet dans le but, par exemple, de doper ses ventes ou d’influencer une élection.
Sources :
Globish Glossaire [en ligne], Médium, 2017/3 (N° 52-53), p. 217-257. Disponible sur https://doi-org.ressources.sciencespo-lyon.fr/10.3917/mediu.052.0217 (consulté le 19 mars 2025)
Auproux, A, Fake, manipulations et réseaux sociaux : pourquoi il faut vite comprendre ce qu’est « l’astroturfing » [en ligne], Les Inrockuptibles, le 06 février 2017. Disponible sur https://www.lesinrocks.com/2017/02/06/actualite/fake-manipulations-reseaux-sociaux-faut-vite-comprendre-quest-lastroturfing-11910209/ (consulté le 19 mars 2025).
Parfois appelé effet retour de flamme ou effet boomrang on parle de backfire effect quand « des individus confrontés à des preuves en contradiction avec leur croyance ont tendance à les rejeter et à se refermer davantage sur leur croyance initiale »(Wikipedia). Le fact checking est parfois jugé inutile voir contreproductif du fait de ce biais cognitif.
Sources :
Shermer M., Pourquoi les faits ne suffisent pas à convaincre les gens qu’ils ont tort [en ligne], Pour la Science, 19 janvier 2017. Disponible sur https://www.pourlascience.fr/util/chutier/pourquoi-les-faits-ne-suffisent-pas-a-convaincre-gens-quils-ont-tort-12504.php (consulté le 19 mars 2025)
Biais de confirmation [en ligne], Wikipédia, l’encyclopédie libre. Disponible sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Biais_de_confirmation#Effet_retour_de_flamme (consulté le 19 mars 2025)
« mécanismes de pensée systématiques et inconscients » les biais cognitifs qui parasitent notre logique sont souvent avancés comme l’une des explications au phénomène de diffusion massive de fakes news, complots et autres désordres informationnels.
Dans le processus d’adhésion à une information, plusieurs biais peuvent être en cause. Ces biais, qui sont autant d’obstacles à la pensée rationnelle, sont nombreux et c’est pourquoi nous ne citons ici que le plus symptomatique de notre crédulité. Il s’agit du biais de confirmation qui consiste à croire davantage aux informations qui vont dans le sens de nos croyances et à rejeter /ignorer/discréditer celles qui pourraient les ébranler.
Sources:
Biais cognitifs [en ligne], Wikipédia, l’encyclopédie libre. Disponible sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Biais_cognitif (consulté le 19 mars 2025)
Biais de confirmation [en ligne], Wikipédia, l’encyclopédie libre. Disponible sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Biais_de_confirmation(consulté le 19 mars 2025)
Rinaldi R., L’art de se manipuler tout seul, Sciences Humaines, 2016/12 (N° 287), p. 50-51. [Disponible à la bibliothèque].
Terme argotique employé dans le milieu du journalisme pour désigner un article inventé de toute pièce, une enquête truquée ou un faux reportage tourné avec des comédiens. Citons le célèbre bidonnage de la journaliste Janet Cooke du Washington Post qui remporta le prix Pulitzer en 1981 pour avoir publié l’histoire d’un enfant de 8 ans toxicomane. Le prix a été restitué après les révélations.
Sources
Dufour F., Les 100 mots du journalisme [en ligne], Presses Universitaires de France, (Que sais-je ? ), 2023, p15-16. Disponible sur https://www.cairn.info/les-100-mots-du-journalisme–9782130810100.htm
Chambat-Houillon M-F., Entre vérité des faits et véracité des discours : les bidonnages journalistiques à la télévision, Le Temps des médias, 2018/1 (n° 30), p. 77-90. Disponible sur https://doi-org.ressources.sciencespo-lyon.fr/10.3917/tdm.030.0077 (consulté le 19 mars 2025)
Aussi appelée « bulle filtrante » ce concept proposé par l’activiste Eli Pariser en 2011 a été largement repris pour dénoncer la responsabilité des algorithmes des infomédiaires dans l’adhésion massive aux fakes news.
Son auteur suggère que les algorithmes des moteurs de recherche et des réseaux sociaux ont tendance à mettre en avant des contenus provenant des sources médiatiques que nous consultons le plus ainsi que ceux partagés par les amis avec lesquels nous avons le plus d’interactions. Cette personnalisation est souvent perçue comme problématique. D’abord elle intervient à notre insu grâce à l’analyse de nos données de navigation, ce qui permet de pousser vers l’internaute des contenus « sur-mesure ». Ensuite, elle évince des sources et des contenus selon des règles qui échappent aux internautes, les enfermant ainsi dans une bulle cognitive qui les expose à un appauvrissement intellectuel / enfermement idéologique en encourageant les biais de raisonnement tel que le biais de confirmation. Enfin, l’inquiétude suscitée par l’opacité des algorithmes naît de ce que bon nombre d’internautes déclarent s’informer essentiellement sur les réseaux sociaux or, les contenus erronés y sont légion et le phénomène de viralité peut vite entraîner une exposition massive des internautes. Adieu pluralité…Toutefois le concept de bulle filtrante ne fait pas l’unanimité. D’aucuns lui reprochent d’accorder trop d’importance aux algorithmes et de négliger notre propension naturelle à l’auto-enferment cognitif.
Sources
Bulle de filtres [en ligne], Wikipédia, l’encyclopédie libre. Disponible sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Bulle_de_filtres (consulté le 21 mars 2025)
Pignard-Cheynel N., Richard J., Rumignani M., Au-delà du mur : l’algorithme de Facebook mis à l’épreuve [en ligne], The Conversation, le 25 septembre 2017. Disponible sur https://theconversation.com/au-dela-du-mur-lalgorithme-de-facebook-mis-a-lepreuve-84295 (consulté le 21 mars 2025)
Expression anglophone et argotique qui signifie littéralement merde de taureau, le terme bullshit est à la mode.
Dans le contexte qui nous intéresse, celui de la post-vérité, ce terme difficile à traduire se rapproche des vocables français connerie, baratin, foutaise ou encore boniment.
Conceptualisé par le philosophe Harry Frankfurt, dans son essai intitulé On bullshit , publié pour la première fois en 1986 et traduit en français en 2006 sous le titre De l’art de dire des conneries, le bullshit désigne un discours qui n’a aucun sens ou qui ne se réfère à rien de réel.
Sorte d’enfumeur, le bullshitteur, se fiche totalement de la vérité auquel il ne se réfère pas, qu’il n’a nul besoin de connaître et qu’il ne cherche même pas à maquiller contrairement au menteur de la vielle école.
Pour le bullshiteur seuls comptent les bénéfices qu’il attend de son discours, le plus souvent politiques ou médiatiques.
Sources
Globish Glossaire, Médium, 2017/3 (N° 52-53), p. 217-257. Disponible sur https://www.cairn.info/revue-medium-2017-3-page-217.htm (consulté le 21 mars 2025)
Frankfurt, H., De l’art de dire des conneries : on bullshit, Paris : Mazarine, 2017 [Disponible à la bibliothèque]
Dieguez S., Total bullshit ! Aux sources de la post-vérité, Paris : PUF, 2018 [Disponible à la bibliothèque]
Le terme buzz est un anglicisme qui signifie « bourdonnement ». Au départ il s’agit d’une technique de marketing consistant à susciter du bouche à oreille autour d’un événement ou d’un produit. Les internautes jouent un rôle prépondérant puisque ce sont eux qui jouent les agents promotionnels conduisant à l’emballement médiatique. Par glissement de sens le terme buzz quitte le domaine du marketing pour désigner plus largement les contenus ou évènements qui suscitent un grand intérêt chez les internautes. Lequel intérêt est évalué à l’aune du trafic, des partages, des commentaires et des likes qu’il génère. Une vidéo, une actualité peut « faire du buzz ». Il arrive ainsi qu’une fausse information soit l’objet d’un buzz médiatique. Une fois propagée, une fausse nouvelle est très difficile à arrêter et les démentis n’obtiennent pas toujours l’effet escompté (voir backfire effect). S’il est souvent issu d’un mouvement spontané des internautes le buzz peut avoir été crée artificiellement grâce aux techniques d’astroturfing.
Sources
Lardellier P., Eyries A., Buzz [en ligne]. Publictionnaire. Dictionnaire encyclopédique et critique des publics. Disponible sur http://publictionnaire.huma-num.fr/notice/buzz/ (consulté le 21 mars 2025).
Un canular est une blague, une farce, une plaisanterie qui prend la forme d’une fausse information dont la nature est toujours révélée assez rapidement après sa diffusion.
Source :
Géré, F. Dictionnaire de la désinformation. Armand Colin. 2011.
Disponible sur https://doi-org.ressources.sciencespo-lyon.fr/10.3917/arco.gere.2011.01
Sa définition va vous surprendre ! 😉
Aussi appelé « Piège à clics », « pute à clics », « appeau à clics » ces contenus web visent à générer un maximum de visites, donc de revenus publicitaires, grâce à l’utilisation abusive de titres racoleurs voire carrément mensongers (souvent accompagnés d’illustrations fallacieuses) de nature à faire espérer à l’internaute curieux des révélations sensationnelles ou choquantes.
Sources :
« Globish Glossaire », Médium, 2017/3 (N° 52-53), p. 217-257. Disponible sur https://www.cairn.info/revue-medium-2017-3-page-217.htm
Piège à clics [en ligne] Wikipédia, l’encyclopédie libre. Disponible sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Piège_à_clics (consulté le 28 janvier 2019)
Le debunkage (ou debunk ou debunking) est un exercice qui consiste à démonter/démystifier/réfuter une déclaration/théorie/croyance fausse ou trompeuse.
Là où le fact-checking consiste à relever les erreurs factuelles, le debunkage s’attache davantage à la déconstruction méthodique du discours pour répondre point par point aux arguments des vidéos (ou des blogs) conspirationnistes.
Sources :
Guillon J-B., « Les théories du complot et le paradoxe de l’individualisme épistémique », Diogène, 2018/1 (n° 261-262), p. 54-87. Disponible sur : https://www.cairn.info/revue-diogene-2018-1-page-54.htm
Le terme deepfake est formé à partir de « deep learning » (« apprentissage profond ») et de fake (« faux »). Il s’agit d’un hypertrucage rendu possible grâce à l’intelligence artificielle. Cette technique de production de vidéos truquées peut être utilisée pour créer des montages malveillants, notamment en incrustant des visages dans des vidéos à caractère pornographique ou en faisant tenir à des personnalités politiques des propos qui pourraient leur nuire. Ces techniques de plus en plus perfectionnées rendent les trucages de plus en plus difficiles à déceler pour les internautes.
Sources :
Deepfake [en ligne] Wikipédia, l’encyclopédie libre. Disponible sur https://www.wikiwand.com/fr/Deepfake (consulté le 21 mars 2025)
Deepfake : tout savoir sur la nouvelle menace liée à l’IA. [en ligne] Le big data, 15 mars 2025. Disponible sur https://www.lebigdata.fr/deepfake-tout-savoir (consulté le 21 mars 2025)
Qu’est-ce qu’un deepfake ? Disponible sur https://www.lumni.fr/video/deepfake
L’économie de l’attention peut se définir comme la bataille des producteurs pour notre «temps de cerveau disponible». Yves Citton qui a remis ce concept au gout du jour, affirme que nous avons tous désormais accès à une quantité d’informations pertinentes bien supérieure aux capacités attentionnelles dont nous disposons pour en prendre connaissance. L’attention est donc devenu une rareté qu’il convient de capter par des dispositifs techniques. Dans ce contexte il n’est pas surprenant de voir émerger une économie du faux entretenue par des agents économiques prêt à tout pour nous faire cliquer et engranger des revenus au détriment d’une information de qualité.
Sources :
Arc, S., Citton, Y. L’attention, un bien précieux [en ligne], CNRS, le journal, le 17 juillet 2014. Disponible sur https://lejournal.cnrs.fr/articles/lattention-un-bien-precieux (consulté le 21 mars 2025)
Citton Yves, L’économie de l’attention. Nouvel horizon du capitalisme ? La Découverte, « Sciences humaines », 2014. Disponible sur https://www.cairn.info/l-economie-de-l-attention–9782707178701.htm ou [Disponible également à la bibliothèque]
Technique journalistique de vérification des affirmations alléguées par des personnalités publiques ou de vérification d’informations virales. Elle vise à combattre les fake news. Si le fact checking n’est pas nouveau les rubriques de fact-checking, elles, ont largement augmenté depuis une dizaine d’années.
Sources :
Berriche M. De la vérification à la discussion : les nombreuses méthodes de fact-checking [en ligne], The Conversation, le 19 janvier 2020. Disponible sur https://theconversation.com/de-la-verification-a-la-discussion-les-nombreuses-methodes-de-fact-checking-129516 (consulté le 21 mars 2025)
Bigot L., «Fact-checking » [en ligne]. Publictionnaire. Dictionnaire encyclopédique et critique des public, Mis à jour le 26 février 2018. Disponible sur http://publictionnaire.huma-num.fr/notice/fact-checking (consulté le 21 mars 2025)
Henry E., Fact-checking : entre croyances et connaissances, un combat difficile à gagner [en ligne], Cogito, le magazine de la recherche. Disponible sur https://www.sciencespo.fr/research/cogito/home/fact-checking-entre-croyances-et-connaissances-un-combat-difficile-a-gagner/ (consulté le 21 mars 2025)
Chazelle B., Fake News : le nombre de projets de fact-checking a triplé en 4 ans [en ligne] Méta-Media, le 27 fevrier 2018. Disponible sur https://www.meta-media.fr/2018/02/27/fake-news-le-nombre-de-projets-de-fact-checking-a-triple-en-4-ans.html (consulté le 21 mars 2025)
Le Samedi 21 janvier 2017, Le porte-parole de la Maison-Blanche, Sean Spicer, tient une conférence de presse durant laquelle il accuse les média de minorer délibérément le succès de la cérémonie d’investiture de Donald Trump et affirme – contre toute évidence – que le nouveau président a attiré plus de monde qu’Obama lors de sa propre investiture. Le lendemain, Kellyanne Conway, conseillère du président Donald Trump, vole au secours de Spicer lors d’un entretien avec le journaliste Chuck Todd (NBC News) qui dénonce un mensonge manifeste. Elle avance que Sean Spicer, « a donné des faits alternatifs ». Le journaliste médusé lui répond alors « Des faits alternatifs ? Mais ce ne sont pas des faits, ce sont des mensonges. »
Sources :
El Mokhtari M., Les « faits alternatifs », « l’arme de communication de l’administration Trump » [en ligne], Le Monde, le 06 février 2017. Disponible sur https://www.lemonde.fr/donald-trump/video/2017/02/06/les-debuts-de-l-administration-trump-en-cinq-faits-alternatifs_5075545_4853715.html (consulté le 21 mars 2025)
Faits alternatifs [en ligne] Wikipédia, l’encyclopédie libre. Disponible sur https://www.wikiwand.com/fr/Deepfake (consulté le 08 avril 2020)
Devenu populaire en 2016 et élu mot de l’année 2017 par le dictionnaire britannique Collins le terme Fake news a très vite été galvaudé au point que nombre d’experts appellent à se méfier de ce concept devenu problématique.
La langue anglaise distingue ce qui est faux au sens d’erroné (false) de ce qui est faux au sens d’une imitation (fake). Le terme de « Fake news » devrait donc désigner un faux, une imitation, une contrefaçon empruntant à la presse ses codes et sa présentation dans le but de tromper l’audience.
Pourtant son usage a rendu la formule inopérante puisqu’elle a très rapidement elle été utilisée sans distinction pour traiter de phénomènes informationnels recouvrant des réalités et des intentionnalités différentes (pastiche, rumeur, diffamation, piège à clic, théories du complots, hoax, etc.).
De leur côté les conspirationnistes l’ont adopté pour discréditer les paroles officielles et chacun peut à l’envi l’instrumentaliser pour disqualifier toute information jugée gênante. Donald Trump, le premier, s’est emparé de cet anathème pour réduire au silence les médias qui le critiquent.
Ainsi, il paraît souhaitable de reléguer ce terme aux oubliettes si l’on veut réfléchir sérieusement aux problèmes de la désinformation, de la propagande et des autres avatars du faux circulant sur le web.
Sources :
Guaaybess T., « Fake news » : de l’instrumentalisation d’un terme à la mode ou les nouveaux visages du « Schmilblick » [en ligne] The conversation, le 11 février 2018. Disponible sur https://theconversation.com/fake-news-de-linstrumentalisation-dun-terme-a-la-mode-ou-les-nouveaux-visages-du-schmilblick-91339 (consulté le 21 mars 2025)
Nevort, A., Des fake news à la désinformation [en ligne], Mediapart, le 20 juin 2018. Disponible sur https://blogs.mediapart.fr/antoine-bevort/blog/200618/des-fake-news-la-desinformation (consulté le 21 mars 2025)
Yeh A., L’Union européenne lance à son tour l’offensive anti fake news [en ligne], Meta-Media, le 13 mars 2018. Disponible sur https://www.meta-media.fr/2018/03/13/lunion-europeenne-lance-a-son-tour-loffensive-anti-fake-news.html (consulté le 15 mai 2020)
Les décodeurs, Pourquoi il faut arrêter de parler de « fake news » [en ligne], Le Monde, le 31 janvier 2017. Disponible sur https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/01/31/pourquoi-il-faut-arreter-de-parler-de-fake-news_5072404_4355770.html (consulté le 15 mai 2020)
Faux commentaires et faux avis de consommateurs en ligne visant le plus souvent à discréditer une entreprise, un service ou un produit ou bien pratique déloyale consistant à s’auto-évaluer positivement. Ces faux avis sont parfois écrits par des « travailleurs du clics » dans des « fermes à clic » situés dans des pays à la main d’œuvre bon marché. Les fake reviews posent un vrai problème quand on sait qu’un grand nombre en ligne tiennent compte des avis.
Sources :
Chatelain Y., « E-commerce : le fléau des fake-reviews » [en ligne], The conversation. Le 7 janvier 2018. Disponible sur https://theconversation.com/e-commerce-le-fleau-des-fake-reviews-89637 (consulté le 21 mars 2025)
Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, « Avis en ligne : Attention aux faux commentaires ! » [en ligne], Le portail de l’Économie, des Finances, de l’Action et des Comptes publics, septembre 2019. Disponible sur https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/Publications/Vie-pratique/Fiches-pratiques/faux-avis-consommateurs-sur-internet (consulté le 21 mars 2025)
Le terme hoax (encore un angliscisme) a surtout été utilisé au début des années 2000 et jusque récemment pour désigner les nombreuses rumeurs virales et autres « canulars du web » qui circulaient alors via les courriels puis sur les blogs. Il a depuis été détrôné par le concept plus récent de fake news même si leur équivalence n’est pas évidente de par la définition galvaudée de ce dernier. On peut néanmoins souligner que le hoax ne prend pas la peine d’imiter le style journalistique contrairement à la fake news dans sa définition « originelle ». Dans un article du Figaro, Pascal Froissart, maître de conférences à l’université de Paris VIII et spécialiste de la rumeur ajoute que ce qui a vraiment changé c’est la manière « décomplexée dont ces informations fausses sont reprises dans l’arène politique ».
Sources :
Audureau W. « Faits alternatifs, fake news, post-vérité… petit lexique de la crise de l’information » [en ligne], Le Monde, le 25 janvier 2017. Disponible sur https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/01/25/faits-alternatifs-fake-news-post-verite-petit-lexique-de-la-crise-de-l-information_5068848_4355770.html#ancre_hoax (consulté le 21 mars 2025)
Gauron R., « «Fake news», un même terme pour plusieurs réalités » [en ligne], Le Figaro.fr, le 6 mars 2017. Disponible sur : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2017/03/06/01016-20170306ARTFIG00187-fake-news-un-meme-terme-pour-plusieurs-realites.php (consulté le 21 mars 2025)
L’infobésité est un mot-valise qui associe l’information et l’obésité. Cette surcharge informationnelle auquel nous devons tous faire face peut également être mise en cause dans le phénomène de diffusion massive de fake news. En effet, sur l’ensemble de la masse informationnelle on assiste à une dégradation de la qualité de l’information dont le traitement est rendu difficile par un effet de saturation d’une part et par manque de temps d’autre part. Ainsi, la surinformation nous rendrait moins vigilant et plus prompts à partager des contenus douteux.
Infomédiaire
Infomédiaire est un mot-valise qui associe information et intermédiaire. Il désigne les acteurs du web dont le rôle est de mettre en relation ceux qui produisent l’information et ceux qui la consomment. Moteurs de recherche, réseaux sociaux, agrégateurs de contenus opèrent donc une sélection et prennent en charge la distribution de l’information éditée par des tiers dans un contexte d’infobésité. Leur pouvoir prescriptif leur confère une grande responsabilité dans la diffusion massive de fausses informations. On a aussi beaucoup critiqué l’opacité de leurs algorithmes et leur tendance à créer des bulles filtrantes.
Sources
Legrave, J. et Rieffel, R. Les 100 mots des sciences de l’information et de la communication. (2e éd.). Presses Universitaires de France, 2022 https://doi-org.ressources.sciencespo-lyon.fr/10.3917/puf.legav.2022.02
Pignard-Cheynel N., Richard J., Rumignani M., Au-delà du mur : l’algorithme de Facebook mis à l’épreuve [en ligne], The Conversation, le 25 septembre 2017. Disponible sur https://theconversation.com/au-dela-du-mur-lalgorithme-de-facebook-mis-a-lepreuve-84295 (consulté le 21 mars 2025)
Rebillard F., Smyrnaios N., Les infomédiaires, au cœur de la filière de l’information en ligne. Les cas de google, wikio et paperblog, Réseaux, 2010/2 (n° 160-161), p. 163-194. Disponible sur : https://www.cairn.info/revue-reseaux-2010-2-page-163.htm
L’offre d’informations parodiques et satiriques s’est considérablement développé sur le web ces dernières années. Au contraire des fake news, l’intérêt de ses nouvelles imitant les codes traditionnels des médias n’est pas de tromper le lecteur pour le manipuler mais bien de tourner l’actualité en dérision. C’est le crédo de sites tels que Le Gorafi ou the onion. Maniant le sarcasme et le second degré, ces sites ne cachent pas leur intention : faire rire ! Pourtant, nombre d’internautes, parmi lesquels des personnalités publiques, relaient le plus sérieusement du monde des informations à vocation humoristique pour servir leurs propos. Ainsi, les sites d’informations satiriques contribueraient, malgré eux, à la circulation de fausses informations. On n’imagine mal un journal TV satirique comme Groland faire l’objet d’une citation sérieuse, pourtant sur Internet il en est tout autrement. On peut néanmoins reprocher à certains sites d’entretenir volontairement une forme d’ambiguïté. Abusant de « blagues douteuses » et de titres plus provocateurs que véritablement drôles certains sites parodiques semblent davantage tenir du tabloïd.
Source
Sénécat A., Les sites parodiques, du rire à l’intox [en ligne], Le Monde, le 25 octobre 2017. Disponible sur https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/10/25/les-sites-parodiques-du-rire-a-l-intox_5205763_4355770.html (consulté le 21 mars 2025)
Infotainment (ou plus rarement infodivertissement) est un mot-valise qui qualifie un média qui propose à la fois de l’information et du divertissement ou bien encore un média qui met en scène l’information à l’aide des procédés du divertissement, c’est à dire de façon ludique, informelle et grand public. Pour la télévision on peut citer les talk-show comme exemple. Sur Internet on peut classer dans cette catégorie la multitude des sites qui adoptent un ton léger pour traiter des informations sérieuses et qui emploient à l’envi les codes du numériques (gifs, émoticônes, mèmes). Dans un contexte d’économie de l’attention, ce type de média se démarque par sa capacité à accrocher l’audience grâce à ses contenus attrayants. Le revers de la médaille, ce sont les accusations d’appauvrissement de l’information. Ainsi, d’aucuns déplorent que l’infotainment puisse aggraver la défiance à l’égard du journalisme et niveler, par le bas, l’esprit critique de l’audience.
Sources :
Bourgage F., L’informations à la solde du divertissement [en ligne], Acrimed, le 17 février 2005. Disponible sur https://www.acrimed.org/Informations-a-la-solde-du-divertissement (consulté le 21 mars 2025)
Desforges C., L’infotainment, le meilleur ennemi de l’information [en ligne], Influencia, le 4 octobre 2017. Disponible sur http://www.influencia.net/fr/actualites/tendance,observatoire-influencia,infotainment-meilleur-ennemi-information,7781.html consulté le 21 mars 2025)
La Commission d’enrichissement de la langue française (Celf) préconise l’emploi du terme infox en lieu et place de l’angliscisme Fake news. Les deux termes sont donc censés être équivalents. Pourtant, ce néologisme forgé à partir des mots « information » et « intoxication » a une acception plus restrictive que son homologue anglo-saxon qui, très vite, a fait l’objet d’un usage bien peu rigoureux. Ainsi, selon la recommandation du JORF n° 0229 du 4 octobre 2018 on pourra parler d’infox pour « désigner une information mensongère ou délibérément biaisée, répandue par exemple pour favoriser un parti politique au détriment d’un autre, pour entacher la réputation d’une personnalité ou d’une entreprise, ou encore pour contredire une vérité scientifique ». Le terme s’applique donc aux nouvelles délibérément fausses qui adoptent le style et les codes journalistiques dans le but de tromper.
Source
«Fake news » se dira « infox » en français, Le Monde, le 04 octobre 2018. Disponible sur https://www.lemonde.fr/pixels/article/2018/10/04/la-traduction-officielle-de-fake-news-sera-infox_5364490_4408996.html (consulté le 21 mars 2025)
Recommandation sur les équivalents français à donner à l’expression fake news, JORF, n°229 du 4 octobre 2018, texte n°113. Disponible sur https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000037460897&dateTexte=&categorieLien=id (consulté le 21 mars 2025)
Diminutif d’intoxication, le mot intox est depuis longtemps employé pour dénoncer l’enfumage, l’endoctrinement et autres stratégies d’influence de l’opinion publique par divers procédés de désinformation. Le Larousse évoque une « mise en condition des gens, visant à imposer des idées ou à exercer sur eux une influence qui diminue leur sens critique. » Ce terme est le plus souvent employé dans la formule « info ou intox ».
Source :
Intox [En ligne], Larousse, Disponible sur : https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/intoxication/43940 (consulté le 21 mars 2025)
Il existe un certain flou conceptuel autour des termes légende urbaine, rumeur et ragot qui sont bien souvent utilisés indifféremment, y compris par les spécialistes. C’est en tout cas le constat de deux chercheurs australiens –Nicholas DiFonzo et Prashant Bordia– qui nous proposent une définition des ces vocables en les différenciant par « les contextes situationnels et motivationnels dont ils sont issus, [par] les fonctions qu’ils remplissent et [par] leurs contenus ». Ainsi les légendes urbaines seraient « des récits d’événements insolites, amusants ou horribles qui renferment des thèmes se rattachant à la vie moderne, qui sont rapportées comme quelque chose ayant eu lieu ou ayant pu se produire, dont on trouve des variantes en des lieux et à des époques différentes, et qui contiennent des implications morales ».
Source
DiFonzo N., Bordia P., Rumeurs, ragots et légendes urbaines. Contextes, fonctions et contenus , Diogène, 2006/1 (n° 213), p. 23-45. Disponible sur https://www.cairn.info/revue-diogene-2006-1-page-23.htm
Mésinformation Dans son petit lexique du journalisme Gilles Bastin propose la définition suivante : « à la différence de la désinformation, [La mésinformation] n’est pas nécessairement intentionnelle. La mésinformation peut résulter d’erreurs commises par un journaliste ou un média ou de l’absence de couverture d’un sujet d’actualité. »
Source
Bastin G., Petit lexique du journalisme, Grenoble : Presses universitaires de Grenoble, 2018. Disponible sur https://www-cairn-info.ressources.sciencespo-lyon.fr/petit-lexique-du-journalisme–9782706142338-page-95.htm
Selon l’Oxford Dictionnary qui l’a élu mot de l’année 2016, ce concept sert à désigner les «circonstances dans lesquelles les faits objectifs ont moins d’influence sur l’opinion publique que les appels à l’émotion ou aux opinions personnelles».
La prolifération des fausses informations serait à l’origine d’un basculement dans une nouvelle ère baptisée « ère de la post-vérité ».
Pour certains il s’agirait d’un moment politique où il nous serait devenu difficile de démêler le vrai du faux. Pour d’autres la post-vérité correspondrait davantage à une montée de l’indifférence à l’égard même des faits ; on parle aussi de post-factualisme.
Pourtant tout le monde ne s’accorde pas sur l’idée d’un changement brutal de régime de vérité. D’aucuns objectent que la politique a toujours fait appel aux émotions et tordu le réel pour le faire entrer dans un agenda idéologique. Gérald Bronner, quant à lui, s’inquiète surtout du développement de notre crédulité et propose de parler de « démocratie des crédules » plutôt que de post-vérité. Alors notre rapport à la vérité a-t-il changé ? Difficile à dire.
Ce que l’on sait, c’est que la déferlante de mensonges, d’inexactitudes et de bullshits disséminés par les technologies numériques s’accompagnent de craintes sur les conditions même du débat public et de la démocratie. A ce titre, on lit souvent que ce contexte de post-vérité aurait favorisé l’élection de Donald Trump ainsi que le vote en faveur du Brexit. Cette hypothèse suscite elle aussi quelques réserves. .
Quoi qu’il en soit ce concept qui a fait couler beaucoup d’encre nous oblige à repenser notre rapport à « la vérité » à l’aune de nos propres croyances et heuristiques mentaux qui parfois nous en détourne.
Plus qu’une crise de la vérité, nous traversons une crise de la confiance à l’égard de ceux qui prétendent en être les détenteurs.
Sources :
Gauthier G, Le post-factualisme [en ligne], Communication, vol. 35/1, 2018. Disponible sur http://journals.openedition.org.ressources.sciencespo-lyon.fr/communication/7530 (consulté 21 mars 2025)
Tanquerel S, Quand l’exigence de vérité devient secondaire… [en ligne], The conversation, le 12 février 2017. Disponible sur https://theconversation.com/quand-lexigence-de-verite-devient-secondaire-70718 (consulté le 21 mars 2025)
Hirschhorn M. Conversation avec Gérald Bronner : ce n’est pas la post-vérité qui nous menace, mais l’extension de notre crédulité [en ligne], The conversation, le 19 février 2017. Disponible sur https://theconversation.com/conversation-avec-gerald-bronner-ce-nest-pas-la-post-verite-qui-nous-menace-mais-lextension-de-notre-credulite-73089 (consulté le 21 mars 2025)
Les chercheurs australiens Nicholas DiFonzo et Prashant Bordia définissent le ragot comme un bavardage social évaluatif , le plus souvent négatif, à propos des comportements personnels et privés d’individus. Il découle du besoin d’appartenance de l’être humain et apparaît dans des contextes où l’individu cherche à former, modifier ou maintenir des réseaux sociaux. Contrairement aux rumeurs qui sont toujours invérifiées le ragot peut tout à fait se fonder sur des preuves solides.
Source
DiFonzo N., Bordia P., Rumeurs, ragots et légendes urbaines. Contextes, fonctions et contenus , Diogène, 2006/1 (n° 213), p. 23-45. Disponible sur https://www.cairn.info/revue-diogene-2006-1-page-23.htm
Le concept de « réinformation » n’appartient pas au vocabulaire des médias mais s’est essentiellement diffusée dans les cercles d’extrême droite, auto-baptisés « réinphosphère » (Le Monde). En s’inscrivant contre les « vérités officielles » imposées par les médias traditionnels (baptisés subtilement merdias), ces sites de « réinformation » entendent lutter contre « l’idéologie dominante » et le « système » en proposant une actualité sélectionnée et interprétée à l’aune de leurs thèmes de prédilection.
Sources :
Audureau W. « Faits alternatifs, fake news, post-vérité… petit lexique de la crise de l’information » [en ligne], Le Monde, le 25 janvier 2017. Disponible sur https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/01/25/faits-alternatifs-fake-news-post-verite-petit-lexique-de-la-crise-de-l-information_5068848_4355770.html#ancre_hoax (consulté le 21 mars 2025)
Albertini D., Doucet D. La fachosphère : comment l’extrême droite remporte la bataille d’Internet, Paris : Flammarion, 2016 [Disponible à la bibliothèque]
Bastin G., Petit lexique du journalisme, Grenoble : Presses universitaires de Grenoble, 2018. Disponible sur https://www-cairn-info.ressources.sciencespo-lyon.fr/petit-lexique-du-journalisme–9782706142338-page-95.htm
Une revue prédatrice est une revue qui prend la forme d’une revue scientifique sans en adopter les exigences éditoriales. Selon l’excellent site CoopIST les revues scientifiques prédatrices sont avant tout opportunistes puisqu’elles profitent pour la plupart du modèle auteur-payeur de la publication en libre accès (open access) dans un but mercantile. Elles ne cherchent en aucun cas à promouvoir ni à pérenniser les résultats de la recherche. Le plus souvent, leur fonctionnement est opaque et elles ne répondent pas aux recommandations éthiques et professionnelles de la publication scientifique, notamment celles relatives au contrôle du contenu scientifique (peer reviewing). Ainsi, ces revues peuvent héberger des articles plagiés, de faux résultats, de faux auteurs, des conclusions inacceptables. Il en existerait plus de 10 000 en 2017 !!
Sources :
Cirad, Eviter les éditeurs prédateurs(predatory publishers) [en ligne], CoopIST. Disponible sur https://coop-ist.cirad.fr/aide-a-la-publication/publier-et-diffuser/eviter-les-editeurs-predateurs/1-qu-est-ce-qu-une-revue-predatrice-ou-un-editeur-potentiellement-predateur (consulté le 21 mars 2025)
Nicholas DiFonzo et Prashant Bordia définissent les rumeurs comme des énoncés informatifs invérifiés et potentiellement utiles que l’on diffuse pour rendre intelligible une situation perçue comme ambigue ou menaçante. Une rumeur peut être vraie ou fausse. Ce qui l’identifie comme rumeur, c’est la fragilité des preuves de sa véracité. Les rumeurs, contrairement aux légendes urbaines sont dénuées de forme narrative et dépourvues d’une intrigue bien établie.
Source
DiFonzo N., Bordia P., Rumeurs, ragots et légendes urbaines. Contextes, fonctions et contenus , Diogène, 2006/1 (n° 213), p. 23-45. Disponible sur https://www.cairn.info/revue-diogene-2006-1-page-23.htm
Une théorie du complot consiste en un récit « alternatif » qui prétend bouleverser de manière significative la connaissance que nous avons d’un événement. Ce récit vient concurrencer la «version officielle» communément acceptée. Le terme « théorie du complot » renvoie ainsi à un récit circonstancié tandis que le terme « conspirationnisme » fait référence à l’attitude et au mode de discours des individus dont le complot devient une grille systématique à travers laquelle les évènements sont lus et interprétés.
De nombreuses raisons peuvent expliquer l’adhésion aux théories du complot : perte de confiance vis à vis des journalistes et des élites (« on nous ment »), besoin de se valoriser (« je ne suis pas un mouton »), besoin de contrôle et incapacité à accepter l’idée de hasard (« coïncidence, je ne crois pas ! »). Les théories du complot les plus élaborées séduisent aussi par la somme des « preuves » qu’elles prétendent apporter à travers ce que Gérald Bronner appelle un « millefeuille argumentatif », soit un ensemble dense d’arguments, qui, pris séparément sont très fragiles mais dont l’empilement laisse à certains une impression que « tout ne peut pas être faux ». Ironiquement cette attitude hyper sceptique, loin de ressembler à l’esprit critique s’apparente davantage à de la crédulité.
Source
Qu’est-ce que le conspirationnisme ?[en ligne], Conspiracy Watch, le 28 novembre 2007. Disponible sur : https://www.conspiracywatch.info/qu-est-ce-que-le-conspirationnisme_a317.html (consulté le 21 mars 2025)
Giry J., « Étudier les théories du complot en sciences sociales : enjeux et usages » [En ligne], Quaderni , 94, Automne 2017. Disponible sur : https://journals.openedition.org/quaderni/1101 (consulté le 21 mars 2025)
Bronner G., La démocratie des crédules. Paris : Presses Universitaires de France, , 2013. Disponible sur https://www-cairn-info.ressources.sciencespo-lyon.fr/la-democratie-des-credules–9782130607298.htm et [Disponible à la bibliothèque]
Henri BROCH, professeur de biophysique théorique à l’Université de Nice Sophia-Antipolis et directeur du Laboratoire de zététique nous propose la définition suivante : « Le mot Zététique vient du grec zêtêin qui signifie chercher. La Zététique est en fait la « méthode dont on se sert pour pénétrer la raison et la nature des choses ». Enseignée dès l’Antiquité, la zététique est en fait le refus de toute affirmation dogmatique et le flambeau est ici repris pour sa plus grande partie en tant qu’approche scientifique rigoureuse des phénomènes dits paranormaux ou hors-normes.
Mais la Zététique ne se restreint évidemment pas au seul domaine de l’Extra-Ordinaire. Elle se veut également un pilier fondamental du développement général de l’esprit critique au service de tous les citoyens car la Zététique et ses Règles d’Or sont la base même de tout traité d’autodéfense intellectuelle. »
Sources :
Broch, H.Qu’est-ce que la zététique ? [En ligne] Laboratoire de Zététique, Université Nice Sophia Antipolis. Disponible sur http://sites.unice.fr/site/broch/zetetique.html#definition (Consulté le 17 avril 2019)
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